Comment les Fuck Up Nights ont démonté les principes de la Silicon Valley

Comment les Fuck Up Nights ont démonté les principes de la Silicon Valley

Pepe Villatoro, l’un des fondateurs des Fuck Up Nights, a expliqué lors d’une de ces « nuits des losers » comment des soirées entre amis sont devenues un mouvement d’entrepreneurs extrêmement viral, actif dans plus de 100 villes à travers le monde (dont, en France, Paris et Strasbourg). Et comme ils n’ont respecté aucune des lois ressassées par les gourous de la Silicon Valley, et qui s’imposent désormais pratiquement à tous les projets de startup du monde, Villatoro propose un anti-décalogue : neuf recommandations alternatives (tant qu’à être alternatif, autant l’être jusqu’au bout, et faire un décalogue qui ne comprenne pas dix éléments, explique-t-il), opposées à ce qu’on peut lire partout, et qui ont valu le succès aux Fuck Up Nights. Car leur constat pourrait être une devise des Shadocks: « on fait tout mal, mais ça marche. »

1. Gain Authority

Les quelques amis et entrepreneurs ratés qui ont lancé les Fuck Up Nights ont choisi un nom qui parle de lui-même mais n’a rien de politiquement correct. Ajoutez à cela les bières (indispensables au modèle) et cette initiative confinera à la réunion d’entrepreneurs ratés et alcooliques. Absolument pas vendeur. Absolument pas sérieux. Absolument pas générateur d’autorité. Mais ça plaît!

2. Dream big

FUNLe « rêve » qu’ont fait les fondateurs de Fuck Up Nights se limitait à inviter quelques amis pour élargir le cercle des personnes pouvant raconter leurs expériences d’échec. En fait de rêve, cela peut plutôt confiner au cauchemar.

3. Create something admirable

« Tellement ‘american dream’, tellement années 70… » commente Pepe, qui ne comprend pas « qu’on puisse faire quelque chose pour générer l’admiration». Leur moteur ? Le bonheur personnel, et non l’admiration d’autrui.

4. Work Hard

« Je ne crois pas au travail laborieux, je crois au travail intelligent. » Travailler dur, Pepe l’avait déjà fait. Attraper deux hernies discales – c’est son cas -, ne pas voir la lumière du jour, ne voir que ses collègues de travail… quel intérêt? Les Fuck Up Nights sont nées comme un hobby, et leurs cinq fondateurs étaient très pris par ailleurs, par leurs entreprises et leurs projets. En conséquence, le seul conseil de la Silicon Valley qu’ils aient appliqué et qui ait prouvé son efficacité est « Keep it simple ». « Se réunir une fois par mois avec des amis pour boire des bières, ce n’est pas précisément le concept de dur labeur qu’on nous vend », s’amuse Pepe Villatoro.

5. Be excellent

« Nous avons beaucoup parlé avec Leticia Gasca [autre cofondatrice] de ce principe de ‘Si tu n’es pas le premier ou le deuxième dans ton secteur, alors fais autre chose’. » L’organisation des FUN (Fuck Up Nights) était assez artisanale, des gens assis par terre, des bières dans des gobelets de plastique, des diaporamas projetés sur un mur de brique… mais une bonne ambiance, des gens ouverts, « qui ne croient pas que la définition de la réussite de l’hémisphère occidental soit la seule correcte ». Et de remettre en cause également cette notion d’excellence : « nous ne croyons pas en l’excellence. Nous croyons qu’il faut faire les choses simplement, ne pas planifier à l’excès ». Un autre point sur lesquels « le fait de ne pas être excellents nous a beaucoup aidés : nous avons écouté la communauté. Tout ce que nous avons fait de bien, ce n’étaient pas nos idées, mais celles que les gens nous ont données». L’humilité, plutôt que l’excellence.

6. Be a strong leader

« Encore un concept très XXè siècle, du mâle blanc qui a fait Harvard, le privilégié qui écrase tout le monde, et qu’on nous a mis dans la tête, surtout avec Hollywood et Wall Street. » Comme les Fuck Up Nighteurs travaillent pour le plaisir plutôt que de courir après l’argent, ils n’ont pas besoin d’être des leaders impitoyables. Ils préfèrent optimiser l’apprentissage plutôt que l’argent. Leurs anti-références? Steve Jobs, « un type pas très agréable », ou encore Kim Jong-Il.

7. Have a plan and stick to it

« Notre plan, c’était de nous prendre une cuite avec des amis. Nous n’avons jamais fait de plan, et encore moins de business plan, on ne s’est jamais dit ‘on va être présents dans 100 villes’, et pourtant les sponsors sont venus à nous pour nous proposer de faire des études sur l’échec entrepreneurial. Nous n’avons jamais imaginé qu’il y aurait un jour un Institut de l’échec, ni que des agences de développement nous contacteraient pour générer à partir de nos données des recommandations pour les politiques publiques. »

8. Define who you want to be

Pepe Villatoro explique que, là encore, ils n’ont rien prédéterminé. Ils ne se sont pas fixés d’objectifs, les choses se sont faites d’elles-mêmes.

9. Good thinks take time

On entend beaucoup dire « consacre 10.000 heures à quelque chose et tu seras un expert. » « Je ne crois pas aux experts », rétorque Pepe Villatoro, « en plus ce ne sont pas des gens heureux, ils se limitent à une seule chose pour en être expert. Je vous recommande de profiter de chaque jour, de profiter du processus, pas de vous fixer seulement sur le but final, ou vous serez frustrés. »

En définitive, le presque décalogue élaborés par les anti-experts des Fuck Up Nights est le suivant :

1. Gain Authority – Have FUN
2. Dream big – Learn
3. Create something admirable – Reach for the things you value
4. Work Hard – There’s no such thing as work
5. Be excellent – Perfection is rhetoric
6. Be a strong leader – Don’t look for recognition
7. Have a plan and stick to it – Be vulnerable
8. Define who you want to be – Embrace yourself
9. Good thinks take time – Enjoy the ride

Et vous, qu’en pensez-vous?

Vous comprenez l’espagnol ? ¡ Aproveche !



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